
Interfaz 14
La Méditerranée est souvent une frontière hostile, mais aussi un point de convergence culturelle entre les continents. Quatorze kilomètres de mer Méditerranée, à son point le plus étroit, séparent le continent africain du continent européen. Cette séance musicale, structurée comme une narration, explore les genres musicaux africains qui ont filtré jusqu’aux foyers et pistes de danse occidentales, avec des sons arrivant du sud, souvent réinterprétés par une diaspora de plus en plus diverse et croissante à la fin du siècle dernier et au début de celui-ci.
Dates et Horaires
Vendredi 3 Avril, 21:00 à 22:00
Adresse
Moll de Barcelona, Port Vell (Port de Barcelone). Scène.
La Méditerranée est souvent une frontière hostile, mais aussi un point de convergence culturelle entre les continents.
Depuis le milieu du XXᵉ siècle, avec le début de la décolonisation de l’Afrique, cette Méditerranée, qui pendant longtemps n’était traversée que du nord vers le sud, a commencé à être franchie du sud vers le nord par des milliers de personnes en quête d’opportunités.
La diaspora africaine a joué un rôle important dans l’introduction de nouvelles identités culturelles dans les contextes occidentaux, ces personnes apportant avec elles leur richesse culturelle et, avec elle, de nombreux genres musicaux issus de leurs terres d’origine.
Dans ce va-et-vient, les Ivoiriens ont créé le coupé décalé en France, le soukous et le zouk mandé ont commencé à se faire entendre dans les villes européennes où les migrants s’implantaient, le mbalax a trouvé sa place dans les foyers des premiers Sénégalais arrivés à Barcelone, et la musique est devenue un artefact de mémoire, d’échange culturel et de survie dans un territoire inconnu.
Plus tard, des genres comme le kuduro et la batida ont commencé à muter entre les mains des descendants d’Angolais vivant dans la capitale portugaise, et le tarraxo est né, une réinterprétation qui réaffirme un héritage musical qui, s’il n’est pas redéfini et adapté aux besoins des jeunes, pourrait être condamné à l’oubli ou à l’obsolescence loin de son lieu d’origine.
TNTC
TNTC est une DJ et sélectrice électronique d’origine guinéenne et espagnole, née et basée à Barcelone, reconnue sur la scène locale pour animer constamment les pistes de danse avec des sets pleins d’énergie et de charge émotionnelle. Son univers sonore couvre un large éventail de musiques expérimentales, produites principalement par des artistes queer d’Afrique et de la diaspora, établissant des liens entre des genres tels que la techno, le bass, le kuduro, l’afrorave, l’ambient et le noise, à la recherche de sons pour le corps et le cœur. TNTC est membre du Jokkoo Collective et propose également des performances live utilisant la manipulation expérimentale de samples et la synthèse.
Mbodj
L’artiste sénégalo-espagnole Maguette Dieng incarne cet idéal. Basée à Barcelone, elle DJ et produit sous le nom de MBODJ (prononcé em-bodge), mais elle agit aussi en tant que curatrice, formatrice et promotrice, seule ou avec Jokkoo, le collectif afro-diasporique qu’elle a cofondé en 2017.
Défendant les artistes d’Afrique et de la diaspora africaine aux côtés de sonorités alternatives venues du monde entier, ses sets embrassent la fragilité, la complexité et la tension des transitions : du gqom au jungle et footwork, jusqu’au noise.
Bien qu’elle se soit produite partout, de Mutek et Sónar à Boiler Room et Nyege Nyege en Ouganda, ses contributions les plus importantes restent locales. Avec Jokkoo, elle a créé des espaces alternatifs critiques pour la culture underground dans la ville, accueillant des artistes radicaux du monde entier à Barcelone et offrant un lieu de développement aux artistes locaux.

.webp)