


Projection de Généalogie de la violence de Mohamed Bourouissa
« Un film où il ne se passe rien, et qui pourtant vous laisse déconcerté. La violence invisible, travestie sous l’humiliation légale. La domination enveloppée de protocoles polis. J’ai commencer à parler de faire ce court-métrage dès 2018, mais l’idée me hantait depuis les années 1990, quand j’ai commencé à être constamment arrêté par la police pour des « contrôles d’identité aléatoires ». J’ai ressenti une certaine urgence à raconter cette histoire très personnelle ».
Dates et Horaires
Jeudi 8 Octobre, 19:15 à 19:30
Adresse
Quai de Marseille, Bassin de l'Eure
Généalogie de la violence est un projet multimédia composé d’un film et d’une série de sculptures en aluminium, qui s’intéressent aux violences policières en tant que phénomène systémique. Celles-ci s’incarnent non seulement par la force physique, mais aussi à travers les comportements, le langage, les mécanismes bureaucratiques et les cadres juridiques existants.
Ce court métrage expérimental s’ouvre sur une scène familière à de nombreuses personnes racisées : un jeune homme est arrêté par la police pour un contrôle d’identité alors qu’il est en voiture avec sa petite amie. Ce qui apparaît tout d’abord comme une interaction anodine bascule rapidement dans une situation d’humiliation, de violation et d’aliénation. Par cette séquence d’ouverture, Mohamed Bourouissa pose le cadre d’une réflexion sur la violence structurelle qui conditionne l’existence des communautés marginalisées en Occident, révélant la brutalité latente des procédures de contrôle standardisées, supposément fondées uniquement sur les principes de justice et d’égalité. Mohamed Bourouissa tisse le récit dans un langage équivoque, riche de contrastes. Le film alterne sans cesse entre des scènes prises sur le vif et des séquences en images de synthèse, qui se propagent sur la surface de l’écran comme un virus (le décor lui-même emprunte à l’esthétique du cinéma de science-fiction, entre la nuit perpétuelle de Dark City d’Alex Proyas et Mega-City One, la mégalopole de Dredd, où la loi est exercée par des policiers appelés « juges »), interprétant visuellement la dissociation psychique du protagoniste tout au long de la fouille. La réalité s’effondre sous la pression psychologique ; la subjectivité devient alors le seul espace de résistance. Dans ce territoire intermédiaire et surréaliste, l’esprit cherche à fuir l’oppression du présent en fabriquant des réalités alternatives, dans lesquelles le corps échappe aux outrages du contact et de la manipulation.
Scénario original : Mohamed Bourouissa, Jean-René Étienne, Abdoulaziz Touré
Avec la participation de David Pickering
Directeur de la photographie : Paul Guilhaume
Montage : Rafael Torres-Calderón
Ingénieur du son : Alix Clément
Montage son : Capitaine Plouf
Mixage : Sébastien Cannas, Maxime Vanderbeck
Musique originale : Lyla
Décors : Benoist Buttin
Costumes : Marion Brillouet
Coordination post-production : Cécilia Déchaud
Directeur de production : Fabrice Godin
Casting : Judith Chalier
Mohamed Bourouissa
Né en 1978 à Blida, Algérie, Mohamed Bourouissa vit et travaille à Paris. Précédés d’une longue phase en immersion, chacun des projets de Mohamed Bourouissa construit une nouvelle situation d’énonciation. Avec un regard critique sur les constructions médiatiques souvent stéréotypées, l’artiste réintroduit de la complexité dans la représentation de la société contemporaine. Les sujets de ses photographies, sculptures et de ses vidéos sont régulièrement des personnes laissées « à la marge », à la croisée de l'intégration et de l'exclusion. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment au MARTa Herford, Herford, Allemagne (2025) ; à la Fondazione MAST, Bologne, Italie (2025) ; au Palais de Tokyo, Paris, France (2024) ; LaM - Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut, Lille, France (2023) ; Goldsmiths Centre for Contemporary Art, Londres, Royaume-Uni (2021) ; Kunsthal Charlottenborg, Copenhague, Danemark (2021) ; ar/ge kunst, Bolzano, Italie (2020); Schinkel Pavillon, Berlin, Allemagne (2020); Les Rencontres de la Photographie, Arles, France (2019) ; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France (2018) ; Centre Pompidou, Paris, France (2018) ; Musée National Eugène Delacroix, Paris, France (2017) ; Barnes Foundation, Philadelphia, États-Unis (2017) ; Stedelijk Museum, Amsterdam, Pays-Bas (2016) ; Savannah College of Arts and Design, Atlanta, États-Unis (2011) ; Philadelphia Museum of Art, Philadelphia, ÉtatsUnis (2011), entre autres.
Son travail est représenté dans d’importantes collections publiques à travers le monde, notamment au MoMA - Museum of Modern Art, New York, Etats-Unis ; au Centre Pompidou, Paris, France ; Finnish Museum of Photography, Helsinki, Finlande ; Fondation Louis Vuitton, Paris, France ; Fonds National d’art contemporain, Paris, France ; FRAC Bretagne, Rennes, France ; FRAC Franche-Comté, Besançon, France ; Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, États-Unis ; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Paris, France ; Philadelphia Museum of Art, Philadelphia, États-Unis ; Pinault Collection, Paris, France ; Sammlung Philara, Düsseldorf, Allemagne; Stedelijk Museum, Amsterdam, Pays-Bas ; Weng Collection, Krefeld, Allemagne, entre autres.
Mohamed Bourouissa a été récompensé par de nombreux prix notamment le prix du Livre photographique Paris Photo - Aperture Foundation pour l’ouvrage Périphérique avec les éditions Loose Joints (2022); Fondation Deutsche Börse pour la photographie (2020) ; Prix Fondation Blachère (2010) ; Prix Studio Collector, Fondation Antoine de Galbert (2007) ; Les Rencontres d’Arles (2007). Il a également été nommé au Prix Mario Merz (2025) ; le Prix Marcel Duchamp (2018) ; sélectionné pour le Prix Pictet, prix international de photographie (2017).

.webp)