
Pologne
En savoir plus
Agnieszka Mastalerz, Pologne
“Silk as a Metaphor for Progress and Destruction”
Biographie
Agnieszka Mastalerz est née en 1991 à Łódź, en Pologne. Elle vit et travaille entre Varsovie et les montagnes des Bieszczady, en Pologne.
Son travail s’articule autour des mécanismes de contrôle et des processus qui influencent et exploitent l’individu. Ancrée dans la recherche, sa pratique est principalement basée sur la vidéo, intégrant souvent des techniques d’imagerie analogiques et scientifiques ainsi que des éléments performatifs. Les projets d’Agnieszka ont été présentés lors du festival de vidéo Ekraini i Artit à Shkodra, en Albanie (2025), à la Catinca Tabacaru Gallery à Bucarest, en Roumanie (2024), au NS-Dokumentationszentrum à Munich, en Allemagne (2023), à Manifesta 14 Prishtina, au Kosovo (2022), ainsi qu’au MAXXI à Rome, en Italie (2021). Parmi ses résidences précédentes figurent l’Akademie Schloss Solitude à Stuttgart, en Allemagne (2025), le Muzeum Susch en Suisse (2021) et l’Artist Development Program au Luxembourg (2021).
Projet de résidence
Pendant la résidence Art Explora à Tirana, je développerai un ensemble de travaux en cours qui examine la sériciculture à la fois comme pratique historique et comme cadre symbolique. Mon intérêt pour la soie réside dans son enchevêtrement avec des récits de domestication, de transformation et de dépendance, ainsi que dans sa richesse visuelle et métaphorique. Le projet s’inspire de Les Anneaux de Saturne (1995) de W. G. Sebald, où la soie devient un prisme à travers lequel explorer la relation cyclique de la civilisation à la destruction et au progrès. En suivant l’usage que fait Sebald de la soie comme métaphore matérielle, j’examine le ver à soie domestiqué dont la vie est interrompue au stade de la chrysalide — sans lui permettre de se transformer. Dans cette métamorphose figée, je vois l’image d’un arrêt systémique, un microcosme de dynamiques d’exploitation qui s’étendent aux espèces, aux technologies et aux idéologies. À travers cette entité vulnérable, j’interroge les conséquences plus larges de l’anthropocentrisme et les façons dont le soin et la violence s’entrelacent dans les relations entre humains et non-humains.

Grèce
En savoir plus
Amalia Vekri, Grèce
“Notes on Silenced Memories”
Biographie
Amalia Vekri est née à Athènes, où elle vit et travaille. Sa pratique, qui s’étend principalement à la peinture et au dessin, avec des incursions occasionnelles dans d’autres médiums, examine la manière dont la littérature et la culture populaire construisent des canons et des codes comportementaux qui façonnent notre rapport au corps. Son travail a été présenté dans diverses institutions et galeries, notamment à la House of Cyprus, en Grèce (2024), à Cascina Idea, en Italie (2023), à la galerie The Breeder, en Grèce (2023), au Pori Art Museum, en Finlande (2021), ainsi qu’à la DESTE Foundation, en Grèce (2019). Parallèlement à sa pratique artistique, elle est également directrice artistique de Haus N Athen.
Projet de résidence
Pendant sa résidence à la Villa 31, Amalia Vekri explorera la manière dont l’identité féminine est mythifiée, contrôlée et rendue monstrueuse à travers le folklore balkanique et l’histoire politique. Son projet se concentrera sur l’héritage post-communiste de l’Albanie, les traditions orales et les voix réduites au silence, en s’attachant aux récits de la Shtriga (vampire féminin) et de Musine Kokalari, l’une des premières autrices de prose et dissidentes politiques en Albanie. Travaillant à travers une variété de médiums, le projet s’appuiera sur des archétypes régionaux partagés — la Shtriga étant comparable à la Lamia grecque — des figures qui incarnent les anxiétés culturelles liées à la colère et à l’autonomie féminines. Une série d’ateliers en trois volets, Shared Vessels, engagera les participant·e·s dans des lectures, des séances de narration et la création d’objets, afin de se réapproprier une agentivité sur leurs histoires personnelles et ancestrales, tout en contribuant à la constitution d’une archive collective.

Turquie
En savoir plus
Betül Aksu, Turquie
“Vranofça Archive: In the Thread of Things”
Biographie
Betül Aksu est née en 1990 à İzmir, en Turquie, et travaille entre İzmir et Londres. Sa pratique explore la manière dont les migrant·e·s traversent les frontières de la vie quotidienne, en se concentrant sur le rôle du langage bureaucratique dans la construction des déplacements, de l’accès et de l’identité. À travers l’installation, la performance, le texte, la vidéo et l’imprimé, elle examine le langage comme un espace où le contrôle s’exerce tout autant qu’il se conteste. Le travail de Betül Aksu a été présenté à la Sharjah Biennial 16, aux Émirats arabes unis (2025), au MoCA Skopje, en Macédoine du Nord (2025), à AVTO, en Turquie (2024), à Material, en Suisse (2024), ainsi qu’à sezon, en Turquie (2023). Elle a été artiste en résidence à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA), en Irlande (2025), et a participé à des programmes au BAK à Utrecht ainsi qu’au Istanbul Biennial Research and Production Programme.
Projet de résidence
Vranofça Archive: In the Thread of Things poursuit ma recherche au long cours sur les histoires de familles macédoniennes musulmanes ayant migré de la Yougoslavie vers la Turquie dans les années 1950, un mouvement qui a façonné l’histoire de ma propre famille. À travers des récits personnels, des photographies, des recettes, des histoires orales et la vidéo, l’archive s’intéresse à la manière dont la mémoire se transmet dans les gestes du quotidien et les pratiques domestiques, ainsi qu’à la façon dont ces formes de savoir demeurent souvent absentes de l’histoire institutionnelle. Travailler à la Vila 31, ancienne résidence d’Enver Hoxha, inscrit ces mémoires intimes dans un lieu qui incarnait autrefois l’autorité de l’État et son contrôle du récit public. La résidence crée un cadre dans lequel la mémoire domestique et l’histoire politique se confrontent, révélant la tension entre l’expérience vécue et le récit officiel. Durant mon séjour à Tirana, je poursuivrai le développement de l’archive à travers des visites de sites, notamment des archives en Macédoine du Nord et le village d’origine de ma famille, en explorant la manière dont ces traces peuvent être rassemblées au moyen de la vidéo, du texte et de rencontres partagées.

Kosovo
En savoir plus.webp)
Dardan Zhegrova, Kosovo
“LUCKY PIERRE: Ouroboros ”
Biographie
Les œuvres de Dardan Zhegrova sont axées sur l’objet et la performance, et s’inspirent plus fréquemment de poèmes qui servent de point de départ à la conception d’une nouvelle création. Ses textes se rapportent à des événements partiellement fictifs et à des expériences réellement vécues, racontés le plus souvent à la première personne. Souvent, le narrateur s’adresse à un·e interlocuteur·rice (imaginaire), recherché·e par l’artiste. Il n’y a pas de pronoms comme « elle » ou « il » – la narration se déploie entre le « je » et le « tu ». Ici, la frontière entre l’artiste en tant que sujet et la personne à qui l’on s’adresse semble souvent s’estomper. Cette dissolution des conventions de la forme narrative classique se retrouve également dans les structures temporelles de la poésie, où futur, présent et passé semblent se mêler. Cette effacement des différentes frontières dans le travail de Zhegrova reflète aussi son identité queer, oscillant entre attributs féminins et masculins, et qui rejette délibérément une compréhension normative du genre pour la transcender.
Zhegrova est représenté par la galerie LambdaLambdaLambda à Prishtina depuis 2015, avec plusieurs expositions personnelles et collectives. Il a reçu le prix Artists of Tomorrow en 2016, qui lui a permis une résidence à Residency Unlimited, à New York. Il a également été en résidence au Swiss Institute, New York (2020), et à l’Akademie der Künste der Welt, Cologne (2024). Son travail a été présenté à Manifesta 14, Prishtina (2022) ; Brand New Ancients, National Gallery of Kosova (2023) ; A Model, MUDAM, Luxembourg (2024) ; et Silent Threads, Resounding Kosova, Galleria CONTINUA, Paris (2024).
Projet de résidence
Que se passe-t-il lorsque le corps, la voix et la psyché fonctionnent à la fois comme émetteurs et récepteurs ? Quelle réalité émerge lorsque nous expérimentons et exprimons simultanément ? Lucky Pierre est un projet de recherche en cours basé sur la performance, qui fusionne poésie, son, costume et scénographie pour explorer l’intimité queer, la confession et la transformation. Au centre se trouve un personnage fictif, « Lucky Pierre », à travers lequel je canalise des réflexions diaristiques dans des performances sensorielles en direct. Le projet a commencé par une série d’enregistrements vocaux spontanés, des confessions fragmentées tirées des états émotionnels quotidiens. Avec le temps, ce processus est devenu récursif : l’expérience vécue alimentait les enregistrements, et les enregistrements ont commencé à façonner ma perception de la vie. La boucle est devenue une méthode, un écosystème émotionnel faisant écho à l’Ouroboros : le serpent qui se consume et se régénère lui-même.Lucky Pierre : un personnage nommé d’après un terme de l’argot gay désignant l’homme au centre d’un plan à trois, pénétrant tout en étant pénétré. J’utilise cette figure non seulement pour sa charge érotique, mais aussi comme métaphore de la dualité et de l’entre-deux : soumission et autonomie, sujet et objet, interprète et témoin. À travers ce prisme, les performances deviennent des espaces où l’intimité est à la fois incarnée et mythifiée, où la frontière entre réalité et fiction s’estompe.

Bosnie-Herzégovine & Kosovo
En savoir plus
Kemil Bekteši, Bosnie-Herzégovine & Kosovo
“CookBook: How to Digest Secrets ”
Biographie
Kemil Bekteši est né en 1997 à Belgrade. Il vit et travaille à Sarajevo. Artiste visuel bosniaque/kosovar d’origine gorane, son travail explore les thématiques de l’alimentation et de la migration. Sa pratique artistique couvre plusieurs médiums, notamment l’alimentation, l’installation et la sculpture, en se concentrant souvent sur des thèmes liés à l’identité, à la géopolitique et à la mémoire culturelle à travers son histoire personnelle marquée par les frontières et la migration. Le travail de Kemil a été présenté dans de nombreuses institutions, notamment à la National Gallery of Kosovo (2025), au RU House à New York (2025), à Die neue Gesellschaft für bildende Kunst en Allemagne (2024), au Historical Museum of Bosnia and Herzegovina (2022) et à la National Gallery of Bosnia and Herzegovina (2020).
Projet de résidence
Le projet Cookbook: How to Digest Secrets explore l’effacement du passé communiste turbulent de l’Albanie, en particulier sa fin, lorsque le régime utilisait un pétrin pour détruire secrètement des milliers de documents en les incorporant à la pâte. Ce livre de cuisine conceptuel vise à restaurer des récits détruits et secrets, collectés avec l’aide de familles locales, d’historiens et d’anthropologues, et aborde les thèmes de la pénurie, de la division sociale et de la résilience, illustrant comment le pain a servi de symbole de survie et d’identité culturelle dans un contexte de répression.
%2BBlerta%2BHashani.webp)
Kosovo
En savoir plus%2BBlerta%2BHashani.webp)
Lumturie Krasniqi, Kosovo
“The Snake Above the Hill ”
Biographie
Lumturie Krasniqi est née en 1997 à Prishtina, au Kosovo, où elle vit et travaille. Dans son travail, elle explore des aspects souvent négligés de la vie contemporaine, visant à susciter des questionnements existentiels. Son approche artistique, tissée de liens, de séparations et du jeu des contraires, unit le spirituel et l’émotionnel, en réfléchissant aux relations entre l’âme et la matière, la peur et l’amour, l’humanité et la nature, les connexions humaines et les réalités parallèles. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions, notamment à Galleria Continua (France, 2025) ; Manifesta 14 (Kosovo, 2022) ; Museum of Contemporary Art (Macédoine du Nord, 2023) ; Kulturpunkt (Suisse, 2024) ; et à la Gallery of the Faculty of Arts (Kosovo, 2019).
Projet de résidence
The Snake Above the Hill est un cycle de peintures en cours qui a débuté en 2023 à Prishtina. Initialement inspiré par un conte albanais rare sur un serpent aux cheveux, transmis oralement par sa grand-mère, le projet a évolué au-delà du mythe lui-même. Krasniqi aborde ce récit non pas comme un sujet à représenter, mais comme un point d’entrée pour explorer des questions plus larges de mémoire, de transformation et de dualité dans l’expérience humaine. Lors de sa résidence à la Villa 31, elle développera un nouveau chapitre de la série, créant des peintures qui réfléchissent à la tension entre visibilité et invisibilité, sacré et violence, le corps et son ombre. À travers la recherche, les rencontres et les conversations à Tirana, elle cherche à révéler comment mémoire culturelle et mythe personnel s’entrelacent. The Snake Above the Hill continue de s’étendre comme une investigation multifacette sur les formes d’apparition, de disparition, de retour et de déplacement, donnant forme à des êtres qui existent aux frontières du mythe, de la réalité et de la mémoire.

Bangladesh
En savoir plus
Palash Bhattacharjee, Bangladesh
“The Unfolding Narrative”
Biographie
Palash Bhattacharjee est né en 1983 à Chittagong, au Bangladesh, où il vit et travaille. Il se consacre principalement aux installations vidéo, tout en explorant le collage numérique, la performance, la photographie et une petite collection d’objets, utilisant des images nuancées souvent proches de l’abstraction et de l’absurde, dans le but de reconfigurer son moi social à la fois en tant qu’acteur et observateur. Ses œuvres ont été exposées dans plusieurs institutions, notamment à la SOAS Gallery, Londres, Royaume-Uni (2025) ; Warehouse421, Abu Dhabi, Émirats arabes unis (2022) ; Colomboscope, Colombo, Sri Lanka (2022) ; Hong-Gah Museum, Taipei, Taïwan (2020) ; et lors du Dhaka Art Summit, Bangladesh (2012-2020).
Projet de résidence
La première étape de ce programme de résidence consistera à explorer comment je peux m’immerger davantage dans la culture albanaise et tracer un fil spatial à travers mon propre regard. Mes racines, à bien des égards, ressemblent à l’expérience albanaise, notamment dans la manière dont la résilience se forge à travers la guerre, la résistance et la lutte pour l’identité. Dans mon projet, je vise à développer une série de vidéos et de collages centrés sur l’histoire de la région des Balkans, y compris l’Albanie, et sur ses formes actuelles de pratiques socio-esthétiques locales qui résonnent avec mon propre contexte socio-culturel et historique. À travers mon interaction avec les communautés locales dans un nouvel imaginaire, j’ai l’intention de collecter des récits de Tirana qui mettent en avant le rôle actif de la mémoire collective comme vecteur d’une histoire politique vivante.

China
En savoir plus.webp)
Yao Qingmei, China
“The Dream Castle – Lucid Dream Experimentation at Vila 31.”
Biographie
Yao Qingmei, née en 1982 dans le Zhejiang, vit et travaille actuellement à Paris. Sa pratique se concentre principalement sur la performance, la vidéo et les installations associées, intégrant des éléments de scénographie, de costumes, de textes, de conférences, de jeux, de poésie sonore et de chorégraphie contemporaine. En intervenant dans des espaces spécifiques, elle perturbe les règles établies, explore les symboles de la vie quotidienne et examine comment les corps nourris par ces symboles gagnent ou perdent du pouvoir, rompant les frontières entre la performance et son environnement. Le travail de Yao Qingmei a été présenté dans de nombreuses institutions, notamment au Centre Pompidou (France, 2024), au West Bund Museum (Chine, 2023), à la Whitechapel Gallery (Royaume-Uni, 2020), au Haus der Kunst à Munich (Allemagne, 2017) et au Palais de Tokyo (France, 2014).
Projet de résidence
The Dream Castle est une exploration immersive du rêve en tant qu’acte poétique, politique et corporel, réalisée dans l’ancien espace privé du dictateur Enver Hoxha à Tirana. Inspiré par le roman Le Palais des rêves de l’écrivain albanais Ismail Kadare, le projet prend la forme d’une expérience physique qui transforme la Vila 31 en théâtre du rêve. Ces expériences mèneront à la création d’une performance vidéo mêlant documentaire et fiction, gestes réels et rêves lucides, jusqu’à ce que toutes les distinctions se dissolvent. Grâce à des expériences de sommeil conduites par des rêveurs lucides, des médiums locaux et moi-même, le rêve lucide devient une pratique performative — un théâtre intérieur activé par des corps endormis.

France
En savoir plus
Arthur Gillet, France
Misunderstanding
Biographie
Arthur Gillet (né en 1986) a grandi en banlieue de Rennes dans une famille sourde et neuroatypique, marginalisée par l’accès limité au langage et à l’emploi. Diplômé avec mention de l’École des Beaux-Arts de Rennes (2011), sa pratique est façonnée par l’improvisation, l’expression corporelle, la couture et le dessin, qu’il utilise comme outils de communication, d’identité et de survie. À travers la figuration, la narration et la performance collective, Gillet remet en question les esthétiques dominantes centrées sur l’audition et donne visibilité à des voix et des histoires rarement entendues.
Projet de résidence
Arthur Gillet développe un projet artistique centré sur le concept de « langage ombilical », une forme de communication qui émerge entre des enfants entendants et leurs parents sourds au-delà de la langue parlée. S’inspirant de son expérience en tant que CODA (Child of Deaf Adults), le projet explore les dimensions sensorielles, émotionnelles et thérapeutiques de la communication non verbale, en particulier la vibration comme médium corporel. À travers la performance, la vidéo, l’installation, la peinture et les pratiques relationnelles, le travail aborde des thèmes tels que la parentalité inversée, l’isolement, la rupture linguistique et la stigmatisation historique de la langue des signes. En Albanie, Gillet développera cette recherche à partir de matériaux d’archives et de collaborations avec des associations locales de personnes sourdes.

Albanie
En savoir plus
Elian Stefa, Albanie
"Next Generation Concrete Mushrooms"
Biographie
Elian Stefa (né en 1985) est un praticien de l’espace, commissaire et cinéaste expérimental travaillant entre Lisbonne et Vlora. Il poursuit actuellement un doctorat à l’Iscte – Institut Universitaire de Lisbonne, où il étudie les pratiques curatoriales et spatiales transdisciplinaires comme outils de transformation territoriale. En 2019, il a fondé la Galeria e Bregdetit, un espace de projet et de résidence indépendant sur la Riviera albanaise, abordant la touristification rapide à travers la recherche artistique in situ. Parmi ses projets figurent Concrete Mushrooms (Biennale d’Architecture de Venise, 2012), Off Season Tourism Agency (Manifesta 14) et Artileria Sazan. Il a collaboré avec des institutions telles que la Triennale de Lisbonne, la Biennale de Design d’Istanbul et le Harvard GSD.
Projet de résidence
"Next Generation Concrete Mushrooms" est le successeur spirituel du projet Concrete Mushrooms (2009–2012), revisitifiant les processus de « bunkerisation » et de « débunkerisation » en Albanie au cours de la dernière décennie. Le projet explore l’instrumentalisation du béton, la persistance de la mentalité bunker et l’héritage des pratiques isolationnistes enracinées dans le système moniste. Bien que la plupart des bunkers aient été physiquement effacés après 2013, leur empreinte psychologique reste ancrée dans la société et le paysage. À travers une approche documentaire expérimentale et basée sur la recherche, le projet examine comment de nouvelles formes de béton reflètent les ordres géopolitiques émergents, révélant que la domination et le contrôle continuent d’être reconstruits matériellement et symboliquement plutôt que démantelés.

Émirats arabes unis
En savoir plus
Hashel Al Lamki, Émirats arabes unis
"Drift"
Biographie
Hashel Al Lamki est né en 1986 à Al Ain, aux Émirats arabes unis. Il vit et travaille à Abu Dhabi. Sa pratique multidisciplinaire explore les intersections entre nature, urbanisme et identité à travers la peinture, la sculpture et l’installation, tout en réfléchissant aux transformations rapides de la péninsule arabique. Le travail d’Al Lamki a été présenté dans de nombreuses institutions, notamment lors de son exposition rétrospective Maqam (Manarat Al Saadiyat, 2023), qui abordait les thèmes de l’appartenance, de la mémoire et de la gestion environnementale à travers des installations immersives. Il a également exposé à l’international sur des plateformes majeures telles que la Biennale de Lyon, la Biennale de Gwangju, les Rencontres de Bamako, la Biennale d’Art Public d’Abu Dhabi, la Biennale de Sharjah et la Biennale de Jogja.
Projet de résidence
Le projet explore la biographie géologique et politique du mont Hafit à Al Ain, aux Émirats arabes unis. S’élevant du désert, il s’est formé à partir de fonds marins anciens composés de calcaire et de marne, soulevés et pliés lorsque la plaque arabique a pressé contre l’Eurasie, créant une crête isolée, détachée de l’épine des montagnes Hajar. Ses strates racontent des histoires de collisions, d’érosion et de temps — des mouvements bien au-delà de la durée de vie humaine. Aujourd’hui, Hafit se situe entre les Émirats arabes unis et Oman, divisé par une frontière tracée et façonnée par des traités du XXᵉ siècle et des relevés britanniques, tout en partageant les mêmes vents, pierres et fossiles. Il relie la préhistoire profonde — des époques de l’Éocène au Miocène — à l’identité moderne et aux enjeux environnementaux. Ce mont-frontière abrite également des tombes de l’âge du bronze qui résonnent des premières histoires de cette terre. À travers cette recherche et cette résidence, Drift imagine une réunion — géologique, émotionnelle et politique — où plaques tectoniques, histoire et imagination se rencontrent à nouveau, se déployant comme une pièce performative.

France
En savoir plus.webp)
Rémi Lécussan, France
"Alyssum murale: Alchemy of Repair and Extraction"
Biographie
Rémi Lécussan est né en 1997 en France. Il vit et travaille à Marseille. Sa pratique explore les territoires poreux où la vie non humaine, les humains et les machines se co-constituent, créant des assemblages hybrides qui révèlent à la fois la violence et la poésie de leurs enchevêtrements. Le travail de Lécussan a été présenté dans plusieurs institutions, notamment au Songshan Lake Boxes Art Museum, Chine (2025, première exposition personnelle internationale à venir) ; Glassbox Sud, France (2023) ; Centre Wallonie-Bruxelles, France (2025) ; et Villa Belleville, France (2024). Il est lauréat de la bourse Post-Master en Intelligence Artificielle 2025-2026 de l’ENSP, Arles, et a effectué une résidence à Artagon, Marseille (2025).
Projet de résidence
Ce projet explore l’Alyssum murale, une plante à fleurs jaunes qui pousse sur d’anciens sites industriels en Albanie et extrait le nickel des sols pollués. La plante opère une forme d’alchimie où la réparation écologique devient simultanément la production de matières premières pour nos technologies, produisant près de 200 kg de nickel par hectare pour la fabrication de batteries. L’investigation matérialisera les enchevêtrements où soin et extraction s’entrelacent. À travers des recherches de terrain sur des sites albanais et des expérimentations autour des procédés d’extraction et des possibilités sculpturales, le projet créera des assemblages hybrides combinant plantes vivantes, formes traitées et éléments technologiques. Ce travail interroge les temporalités multiples qui caractérisent les processus de réparation, révélant comment plante, métal, sol et pratiques humaines composent de nouvelles formes d’assemblage. Le projet explore la manière dont la matière porte l’histoire de ses transformations ; de la contamination industrielle aux cycles biologiques, jusqu’aux batteries du futur, il destabilise les séparations entre vivant et artificiel, en « restant avec le trouble ».
%20(1).webp)
Liban
En savoir plus%20(1).webp)
Vartan Avakian, Liban
"Treasure Maps for Haunting Landscapes"
Biographie
Le travail de l’artiste explore la mémoire, l’histoire, la matérialité et l’effacement à travers divers médiums, considérant l’histoire comme une sédimentation en couches de traces et de vestiges. Ancrée dans la conviction que les données prennent une forme sculpturale, sa pratique fouille et transforme ces couches en nouvelles configurations, positionnant les objets comme des portails entre imaginaires passés et futurs. En tant que membre du conseil de l’Arab Image Foundation, l’artiste défend une approche tactile et expérientielle de la préservation, remettant en question la primauté de la numérisation. En envisageant les données comme des taches, des rayures et des inscriptions accumulées au fil du temps, son travail s’étend à la photographie, au dessin, à la sculpture, au film et à la recherche archivistique, engageant les empreintes visibles et intangibles de la mémoire et de l’émotion.
Projet de résidence
Treasure Maps for Haunting Landscapes examine comment l’effondrement économique ravive des mythes spéculatifs enracinés dans des traumatismes historiques. Dans un contexte d’instabilité financière mondiale, des pays tels que la Grèce, le Chili, la Turquie et le Liban ont été confrontés à des crises de la dette et à des dévaluations monétaires générant désespoir et solutions marginales. En Turquie, cela inclut la résurgence de mythes entourant l’or arménien, prétendument enterré lors du génocide — des récits qui reflètent non seulement l’anxiété économique mais aussi le déni et la dépossession persistants. Le projet se concentre sur des cartes au trésor censées guider les chercheurs vers des biens cachés par des familles arméniennes lors des déportations forcées. Circulant à travers des antiquaires, des collections privées et des plateformes en ligne marginales, ces cartes incarnent espoir et désespoir, secret et révélation. Leur réapparition lors des crises économiques met en lumière des héritages de violence non résolus et une obsession de la richesse arménienne sans reconnaissance du génocide. En transformant ces cartes en dessins et peintures, le projet les réapproprie en tant qu’artefacts culturels — des vecteurs de mémoire confrontant des histoires enfouies et leur présence persistante dans les paysages contemporains.

Albanie
En savoir plus
Archive of Abscence: Ilir Tsouko & Elidor Mehilli, Albanie
"Shadows of Power"
Ilir Tsouko, Albanie
Biographie
Ilir Tsouko est né en Albanie en 1990 et a grandi à Athènes, en Grèce. Il partage son temps entre Berlin, Tirana et Athènes. Conteur visuel travaillant à travers la photographie, le film et l’installation, il explore des questions d’identité, de migration et de mémoire. Ses projets ont été soutenus et exposés par des institutions telles que le Goethe-Institut d’Athènes, la Fondation Onassis Stegi et la Heinrich-Böll-Stiftung, et ont été présentés dans The New York Times, The Washington Post, DIE ZEIT Magazin, ARTE et ZDF. Parmi ses travaux récents figurent le film documentaire Albgreko, projeté dans de grands festivals internationaux, et l’exposition Beyond Destruction, présentée au Goethe-Institut d’Athènes. Nommé par Der Greif pour la FUTURES European Photography Platform (2024), le travail d’Ilir repose sur une observation attentive et révèle comment le pouvoir, le déplacement et la mémoire persistent dans les espaces que les individus habitent.
Elidor Mehilli, Albanie
Biographie
Elidor Mëhilli est né en Albanie en 1981. Il vit et travaille à New York. Formé en tant qu’historien à l’Université de Princeton, sa pratique multidisciplinaire navigue entre recherche, écriture et expérimentations visuelles. Son travail a exploré les liens de l’Albanie pendant la Guerre froide et la politique des archives — comment le pouvoir laisse des traces dans les documents, les bâtiments et la mémoire. Il est l’auteur de l’ouvrage primé From Stalin to Mao: Albania and the Socialist World (Cornell) et a contribué aux programmes nationaux de la Biennale de Venise, tant pour l’Art (2015) que pour l’Architecture (2025). Son projet de longue durée An Infinite Archive — une méditation visuelle sur la transformation urbaine de Tirana — a récemment été présenté au Harriman Institute de l’Université Columbia.
Projet de résidence
Shadows of Power réinvente la Vila 31 comme un archive vivant et contesté où idéologie, intimité et mémoire se confrontent. Conçu comme un dialogue interdisciplinaire entre le cinéaste Ilir Tsouko et l’historien Elidor Mëhilli, le projet explore comment l’autoritarisme s’inscrit dans l’espace domestique et la conscience collective. S’appuyant sur des décennies de recherches de Mëhilli — depuis les archives personnelles du dictateur et les annotations de sa femme sur des documents jusqu’aux textes fantômes et mémoires peu fiables ayant façonné la mémoire officielle — et sur le langage visuel poétique de Tsouko, le duo fusionne film, son et installation pour créer une archéologie sensorielle du pouvoir. La villa devient à la fois sujet et scène : un lieu où l’histoire s’est écrite et défaite, où des présences spectrales persistent encore. À travers une excavation archivistique minutieuse, la spéculation et l’intervention publique, cette collaboration invite les visiteurs à habiter l’espace incertain entre ce que l’histoire enregistre et ce qu’elle dissimule.

Iran
En savoir plus
Tirdad Hashemi & Soufia Erfanian, Iran
"I Bloom Where You Hold Me"
Biographies
Tirdad Hashemi est né en 1991 à Téhéran et Soufia Erfanian est née en 1990 à Mashhad, en Iran. Ils vivent et travaillent entre Paris et Berlin. Leur pratique artistique, parfois réalisée en duo et parfois individuellement, se concentre principalement sur la peinture et le dessin, explorant les intersections entre pouvoir oppressif, identité culturelle et condition des corps isolés. En tant que couple queer, leur travail engage à la fois les traumatismes collectifs et individuels, déconstruisant les liens du passé pour former de nouvelles structures relationnelles. Leur travail a été présenté dans de nombreuses institutions, notamment lors de la 27ᵉ Biennale de Lyon (France, 2024), chez Kindle Contemporary (Allemagne, 2024), à Konschthal Esch (Luxembourg, 2024), au musée UCCA (Chine, 2024) et au Musée d’art moderne et contemporain, MAMC+ (France, 2024).
Projet de résidence
Lors de la résidence à Tirana, une nouvelle série de dessins se développera, s’appuyant sur leur exploration continue de l’intimité et de la relationalité. Ces œuvres représenteront des moments de soin, de douceur et de vulnérabilité, des gestes subtils de connexion souvent invisibles mais porteurs d’une profonde charge émotionnelle. Inspirés par des relations réelles dans leur propre vie et celles d’autres personnes de la diaspora, les dessins examineront comment l’affection queer persiste et s’adapte dans des conditions d’instabilité et de fragmentation. À travers ce processus, ils visent à refléter à la fois des expériences individuelles et collectives, mettant en lumière la résilience silencieuse qui se manifeste dans les actes quotidiens de soin et de connexion.












.avif)








